Electro-Chocs...

Ce début d'année 2015 a pris une tournure électronique grâce à la sortie de deux albums français qu'il me fallait partager avec vous.

11 ans (!) après son dernier album studio, Etienne de Crécy revient aux affaires avec Super Discount 3. Le pape de la french touch continue d'utiliser à merveille de grosses basses langoureuses pour un résultat qui a autant de classe que lui, la chemise légèrement ouverte et les manches relevées, en train de mixer pendant un concert. Sa house délicieuse, qui vous fera sûrement dandiner ou opiner doucement du chef, compose un album (un peu court) où chaque titre fait mouche et vous procure une vague de plaisir funky.
Des sonorités funky, du vocoder (WTF) en passant par une propension au featuring (Baxter Dury, Alex Gopher...) : la filiation avec Random Access Memories des Daft Punk est évidente. Il est étrange de voir que deux artistes ambassadeurs de la french touch se répondent artistiquement à un point identique de leur carrière. Un album coloré et pop qui peut faire regretter l'absence de titres de la trempe de Binary ou No Brain, mais où, malgré un emballage mainstream, on retrouve le minimalisme chic qui fait la signature d'Etienne de Crécy.  



D'un autre côté, une électro plus énervée, celle de Carpenter Brut. Si ce nom vous rappelle celui du réalisateur de The Thing, c'est bien normal : Carpenter Brut est un artiste d'outrun -ce courant de l'électro influencé par les sonorités 80's- qui revendique une filiation avec les bandes-originales tant vénérées de John Carpenter. Trilogy, réunion de trois EP sortis en 2014 et 2015, est le premier album du Français. A la fois capable d'un son dense et agressif (Hang'Em All) et d'un son plus frétillant et coloré (Looking for Tracy Tzu) souvent dans le même morceau, il nous enchante de mélodies à la puissance ravageuse. La comparaison avec Justice s'impose tant on retrouve un côté violent et rageur (Wake Up The President, Le Perv) ainsi qu'un goût pour le rock chanté (Anarchy Road), celui-ci cohabitant très souvent avec des pistes de synthés enflammées. De plus, le symbole du projet, croix inversé, rappelle étrangement celui du groupe phare d'Ed Banger Records. L'album varie les plaisirs, entre sons datés bien dosés, incartades électro-rock, atmosphères planantes et poussées d'adrénaline obligeant à écouter chaque morceau en boucle.
Les dix-huit titres de l'album contiennent un torrent d'émotion si bien qu'on a parfois l'impression d'écouter une musique de film épique. C'est puissant, dynamique, frais. A tester d'urgence...





Valou

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