Game of Thrones - Saison 7 : C'est grave docteur ?


(Spoilers)

C'est plutôt simple.

Game of Thrones c'est, d'un côté, quelques scènes d'action, véritables fulgurances, époustouflantes de maîtrise, et de l'autre les manies d'un montage trop nerveux, d'une mise en scène inexpressive. D'un côté, un récit dantesque, des moments incroyables, mais de l'autre une exécution pas au niveau, un scénario faible qui ne produisent pas de scènes à la hauteur des enjeux
A titre d'exemple, dans le dernier épisode, de grands moment dans l'histoire de la série n'ont pas goûté de toute leur saveur. Le twist de fin de saison concernant le procès de Littlefinger fait pshit. Il est tout sauf inévitable, comme tous les bons revirements de situation - plus l'information était sous nos yeux depuis le début, plus la révélation est satisfaisante. Ici, le spectateur a été manipulé pour ne pas voir venir le coup. Le dernier échange belliqueux entre Sansa et Arya était un leurre, leur alliance a été réglée hors-champ... un bien médiocre coup de théâtre.

Plus tôt, Tyrion s'en va s'entretenir avec sa sœur. Les enjeux sont immenses. Parler à sa sœur. La convaincre au nom de l'humanité. Après un début plein d'hostilité, le dialogue s'engouffre vers la nécessité de préparer la suite de la série, avec la grossesse de Cersei, et s’exempte de répondre à l'enjeu du moment - comment son frère la convainc. Cela se règle de la plus facile des manières, pendant une ellipse.

Constamment, nous sentons que le show n'est pas assez solide pour supporter l'enjeu du récit. Inquiet, il est focalisé sur la suite des évènements à amener et accélère le rythme dangereusement. En effet, les impératifs du récit amenuisent les attraits de la série, et les personnages en sont les principales victimes. Semblables à des pions qu'on déplace sur un échiquier, ils servent une fonction utilitaire. Certains sont délaissés, ils stagnent, d'autres réagissent en dépit de toute cohérence. La love story  entre Jon Snow et Daenerys est l'exemple d'un arc narratif sous-développé, expédié en deux-trois mouvements quand un long temps d'écran était nécessaire pour y croire, pour valider l'existence des sentiments qu'ils traversent.
Invraisemblances temporelles, dialogues balourds, entorses répétées aux règles de son univers sont les exemples flagrants des facilités d'écriture qui flétrissent Game of Thrones en un produit de consommation plus basique. Il y arrive toujours des choses tragiques, mais elles n'ont plus ce goût âpre. Toujours des évènements importants, mais avec grandement moins d'impact sur le spectateur. La principale source de plaisir repose désormais sur la découverte pure des événements du récit, non sur la résonance de ce dernier. La série se repose sur ses lauriers, profitant d'un capital sympathie accumulé depuis les années pour fonctionner, malgré une baisse de la qualité de l'écriture qui condamnerait les personnages à l'indifférence. D'où une certaine déconnexion face aux évènements, pas assez pétris pour être savoureux.

Il vient à l'idée que c'était George R. Martin le mastermind, le taulier de la série, qui assurait de rendre le tout intéressant à suivre, à savoir émotionnellement percutant. Il se pourrait que les créateurs de la série se soient retrouvés démunis face à l'ampleur du travail à accomplir pour conclure une telle œuvre. D'où une précipitation qui réduit l'envergure de la série, la vide de sa substance. Écartelé entre la densité du matériau de base et son traitement pop-corn, Game of Thrones compile l'excellent et le pathétique. L'impressionnant et le désolant. Une fresque adulte ramené au stade du feuilleton lambda, aux cliffhangers mensongers, aux clichés faciles. Le moteur d'un Parrain enfermé dans la carrosserie d'un blockbuster moyen.

C'est rageant.

Valou


Commentaires

  1. vivement le duel entre JON SNOW et le roi des marcheur blanc
    a dos de dragons ainsi que le duel entre le limier et la montagne

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  2. Je partage à 100% l'intégralité de cette critique. Ça n'en rend que plus insupportable le délai d'attente a publication de la suite du roman. Il semblerait que G.R.R. Martin lui-même ne parvienne à clore ce récit incroyable.

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