Knight of Cups (Terrence Malick)
Images
splendides, montage emphatique, casting étincelant – ah, Natalie
Portman ; suite à sa bande-annonce, Knight of Cups
procurait le taux d'excitation le plus arty de l'année.
Ainsi, le si petit nombre de salles diffusant le film sur toute la
France (39) a de quoi faire rager. Priver ce film d'écrans laisse un
goût amer en bouche...
Comme
le laissait espérer son trailer, le film se révèle être
une jouissance cinéphile, un régal artistique qui ouvre à un abîme
d'émotions. Racontant par l'abstraction, par le façonnage
d’atmosphères, Terrence Malick fait preuve d'une prose purement
cinématographique, tirant toute la sève du couple images-sons pour
créer du sens, de la sensation. Ses scènes sont dans le registre de
l'idée, du concept, de l'abstrait, plongeant des personnages souvent
mutiques dans de magnifiques décors, à la manière d'une
description poétique.
Pourtant,
les images semblent naître devant nos yeux : la caméra semble
être témoin de la vie et non pas l'instigatrice de celle-ci. Ce
sentiment est renforcé par des images où la caméra flotte au
milieu des gens lambda peuplant rues, plages... Par là, le film
nous donne à contempler la vie sous sa forme la plus brute, la plus
pure. Et c'est hypnotique. En trouvant l'équilibre entre maîtrise
du geste artistique et sentiment de spontanéité, de réalité, le
cinéma de Malick impressionne. C'est dans les moments où
l'intellectualisation prend le dessus, lors de passages où le
mutisme des personnages interpelle, que la magie se brise.
Adhérer
ou non au film dépendra de sa réceptivité au style Malick, à savoir la propension à se laisser happer par la torpeur languissante du film et à accepter une certaine mysticité. Même
si les rimes visuelles, les motifs iconiques ou les éléments
signifiants ne sont pas tous assimilés par le spectateur, on assiste à quelque chose
de beau où chaque scène est une merveille d'expression
cinématographique qui peut être appréciée comme entité, à la
manière d'une œuvre d'un plasticien. Le chef-op', Emmanuel Lubezki
offre d'ailleurs une gamme variée d'images, toutes plus belles les unes que les autres. Devant de si belles
images, un si beau montage et la majesté d'une musique classique, on se laisse surprendre à avoir la gorge serrée.
Le
geste cinématographique est beau, intense, radical, sensoriel, pur, émouvant et sans pareil - et même s'il n'y a pas autant de Natalie Portman qu'on
pouvait l'espérer, c'est le meilleur morceau de cinéma de 2015. Le film avait beau ne pas être à Cannes, c'est la Palme d'Or légitime de l'année.
Valou



Voilà qui donne envie ! Malheureusement à cause de la distribution exécrable de Metropolitan (seulement 40 copies en France !!!) il ne passe pas du côté de chez moi, rrrhhhaaa !!!
RépondreSupprimerNon mais oui, c'est tragique. J'ai contacté mes cinémas de quartier pour leur demander pourquoi ils ne le diffusaient pas. Le seul ciné qui le diffuse à Toulouse c'est le Gaumont. Trop bizarre. Surtout au vu de la hype autour du film, du casting...
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