Récap' 2016 - Partie 1
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- Les plumes d'Hollywood à l'appel
Toutefois, le
biopic a l'avantage de présenter un personnage intriguant et
insaisissable, et les interrogations qu'il soulève sur l'homme restent en tête à la suite du visionnage. Dommage que l'injonction d'évolution psychologique fasse conclure le film sur une note un brin convenue.
- Anomalisa (Charlie Kaufman & Duke Johnson) : De parti pris ambitieux, le film n'en manque pas. Ainsi, bien qu'il faille reconnaître l'ambition cinématographique et l'originalité de l'ensemble, Anomalisa finit par être digéré par son approche très cérébrale. A la fin du film, un peu chiche en sensations, il ne reste qu'une expérience de cinéma intéressante.
Au même titre que Aaron Sorkin, Charlie Kaufman, sûr de lui, s'est un peu brûlé les ailes à vouloir voler haut, très haut.
- Les
Huit Salopards (Quentin Tarantino) : Un
scénario impressionnant de maîtrise qui distille une tension
constante ; de la dérision parfaitement gérée ; un
parti-pris gonflé (un huis-clos) dans lequel Tarantino excelle.
Les Huit Salopards sont un régal et en impose de maestria. La
durée de film se fait juste ressentir dans la dernière partie.
- Deadpool (Tim Miller) : Malgré
un humour méta particulièrement affûté, Deadpool est un de
ces blockbusters sans âme, sans surprise, réglé comme sur du
papier à musique. L'humour gras énoncée par la voix aiguë de Ryan
Reynolds finit par lasser sur la durée du métrage. Derrière son
côté poil-à-gratter, le film emploie rigoureusement les codes et clichés qu'il
raille. Il faut également pouvoir fermer les yeux sur un protagoniste se
montrant gratuitement cruel et violent, sur des blagues assez
sexistes et sur des personnages étrangers très caricaturaux.
Le
méta, une façon malhonnête de nous faire prendre des vessies pour
des lanternes ? Deadpool ou comment soigner l'emballage pour vendre le
même produit.
- Zootopie (Rich Moore & Byron Howard) : Armé d'un humour très efficace, Zootopie déroule une intrigue rondement menée. Le principe d'anthropomorphisme est utilisé à fond dans sa fonction de discours sur le réel. Le dernier cru Disney se révèle donc étonnamment intéressant sur le traitement de certains thèmes de société.
Malgré cette particularité, la "recette" d'un succès tout-public formaté se fait ressentir : même personnage masculin gouailleur que Flynn dans Raiponce, musique de Shakira en générique, dérision et références pop à la DreamWorks... D'ailleurs, les références et clins-d’œil appuyés aux productions Disney sentent l'insidieuse stratégie de com'. Bref, un agréable moment qui laisse trop deviner son cahier des charges.
- The Revenant (Alejandro González Iñárritu) : Le dernier film de la team Iñárritu/Lubezki me laisse un avis partagé. The Revenant n'est pas avare en qualités, loin de là. Toutefois, les moments de solitude de Hugh Glass luttant contre la nature m'ont semblé être d'une complaisance trash assez malvenu. En effet, The Revenant a les attributs d'une fresque grand-public (la scène de l'ours - buzz SFX du moment, accidents bigger-than-life, imagerie tape-à-l'oeil forçant l'adhésion...) qui viennent annihiler la radicalité de l'approche contemplative qui est censée prévaloir dans ces moments coupés d'intérêt dramatique. Décontenancé par un jeu tout en salive et en grimaces de DiCaprio, j'ai mis en doute la sincérité artistique du projet, qui m'a semblé être un moyen - pour le réal' et l'acteur - de montrer ses muscles. D'ailleurs, ne serait-ce pas la preuve d'un appauvrissement des standards que d'applaudir une performance d'acteur qui tient plus du travail de cascadeur ?
Floutant les repères temporels par l'usage du plan-séquence, le réal' de 21 Grammes nous propose une expérience de torture porn intello où l'immersion dans cette oeuvre performative semble être une fin en soi. Pour la suite, je souhaite à Iñárritu de s'éloigner du chemin qui le destine à devenir une version très sérieuse d'Alfonso Cuarón (The Revenant semble être cousin de Gravity).
A bientôt pour la suite...
Valou





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