Récap' 2016 - Partie 2
Suite et fin de la récap' cinéma des trois premiers mois de 2016...
- Moments claustro
- Room (Lenny Abrahamson) : Loin d'être le drame pathos que laissait présager le pitch, Room est un film si juste psychologiquement qu'il en devient une expérience de vie par procuration. En suivant le point d'un enfant né dans une chambre où sa mère est séquestrée depuis sept ans, le film se montre d'une extraordinaire complexité : comment comprendre le monde ? comment s'adapter ?
Nous nous retrouvons si investis dans les personnages que la projection se traverse la gorge nouée et les yeux humides. Les moments de tension sont quasiment asphyxiants. Grâce à un traitement qui évite la dichotomie, la deuxième partie hors de la chambre - bien que moins percutante - est tout aussi intéressante que la première. En résulte une oeuvre bouleversante de laquelle on ressort grandi.
Nous nous retrouvons si investis dans les personnages que la projection se traverse la gorge nouée et les yeux humides. Les moments de tension sont quasiment asphyxiants. Grâce à un traitement qui évite la dichotomie, la deuxième partie hors de la chambre - bien que moins percutante - est tout aussi intéressante que la première. En résulte une oeuvre bouleversante de laquelle on ressort grandi.
- 10 Cloverfield Lane (Dan Trachtenberg) : Une jeune femme se réveille, attachée dans un sous-sol. On lui dit que c'est pour son bien : l'extérieur serait contaminé. C'est peu ou prou le concept on-ne-peut-plus-accrocheur de 10 Cloverfield Lane. Malin, le film a le mérite de laisser planer le doute et de ne pas griller ses cartouches trop vite. La situation est tendue, les rebondissements sont légion, le charisme de John Goodman est parfaitement employé, l'angoisse s'invite même par intermittence... Un film du samedi soir de très bonne facture.
- Nos réal' ont du talent
- Midnight Special (Jeff Nichols) : D'un postulat SF, Jeff Nichols tire un film terre-à-terre, focalisé au plus près des personnages. Quelques graines de fantastique sont plantés ça et là, dans un environnement des plus concrets, et confèrent au film une grande classe. Le mystère savamment dosé et le rythme posé de la mise en scène nous agrippent dès le début. Malheureusement, par manque de nouveaux enjeux, le film accuse un relatif coup de mou dans la dernière partie et se conclut par un virage SF qui a du mal à convaincre. Du très beau travail, cependant.
- Carol (Todd Haynes) : Une mise en scène des plus élégantes amplifie cette romance où on est happé par un sentiment de réel, perceptible jusque dans les moindres détails. Une œuvre virtuose qui imprime la passion sur la pellicule d'une façon qui rappelle l'intensité de La Vie d'Adèle. Todd Haynes nous offre une œuvre subtile, incroyablement précise sur les états d'âme des personnages. Les actrices sont formidables. A tomber raide.
- Docus
- Jodorowki's Dune (Frank Pavich) : Connaître l'épopée de ce projet fou réjouira certainement les cinéphiles à qui ce documentaire s'adresse. On sort du film étourdi par ce projet gigantesque, des fantasmes plein la tête. Malgré son sujet passionnant, le film de Pavich a du mal à du mal à exister autrement que comme un film à la gloire de Jodo. Ce qui, au final, ne lui donne guère plus d'intérêt qu'un making-of de commande...
- Merci Patron ! (François Ruffin) : Merci Patron ! est de ces films dont on ressort rassurés, la catharsis ayant marché à plein régime : une injustice a été réparé et on s'est bien moqué des puissants. D'où son succès surprise. Ainsi, on peut se demander si le constat politique du film ne finit pas par être diluée, dans l'esprit du spectateur, par une résolution heureuse. Néanmoins cette production Fakir délivre un moment irrésistible, entre comédie et thriller. L'histoire est redoutable, les éclats de rire sont au rendez-vous tout en ayant une bonne épaisseur politique.
Les avis sur Evolution, Les Délices de Tokyo, Les Chevaliers Blancs et The Assassin sont toujours accessibles par le compte-rendu du festival d'Auch.
Valou





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