Rogue One - A Star Wars Story (Gareth Edwards)
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| Critique sans spoiler |
Un
an est passé depuis Le
Réveil de la Force
dont tout le monde retient le manque d'innovation – oubliant au
passage que ce divertissement certes imparfait était mené avec une
classe de cinéma. On y trouvait un certain souffle, un soin avancé
dans chaque niveaux de réalisation, des personnages avec lesquels on
pouvait s'investir...
Un univers sépare l'épisode 7 et Rogue
One. En effet, le film de Gareth Edwards souffre d'un attribut
absolument rédhibitoire à tout plaisir de visionnage : celui
d'être un produit audiovisuel sans aucun relief ni caractère. Son
scénario utilitaire, servant simplement à l'avancée de l'intrigue,
nous gratifie d'un empilement de clichés de films d'actions
et de répliques attendues pour combler le vide. Plus que l'intrigue,
c'est le liant, le flow du film qui est
insipide, effectué sans efforts, tout juste régurgité de mille
autres films - Suicide Squad et Stranger Things ont été les ambassadeurs de cette forme scénaristique en pilote automatique, pour des résultats bien différents auprès des spectateurs.
Les
personnages, délaissés, semblent être le cadet des problèmes des
scénaristes - alors qu'ils étaient le socle du Réveil de la
Force. La protagoniste n'existe pas, sinon au travers des
événements qui lui arrivent, alors ne parlons même pas de l'équipe
qui l'accompagne. Le
scénario repose sur notre connaissance des tropes du cinéma pour
arriver à faire sens. Nous sommes censés comprendre le
déclic du protagoniste, comprendre les émotions en jeu mais aucune
seconde n'y est consacrée.
Gareth
Edwards continue dans la lignée de Godzilla
avec
un film qui se présente comme direct, caméra au poing. Il nous
inflige surtout une non-mise
en scène affligeante.
Le réal' de Monsters
(un
film réussi pourtant) met en images sans faire de choix, sans
imprimer de rythme. A la manière des films Marvel, nous sommes face
à un langage filmique d'une pauvreté désolante, sans idées ni
surprises, où les intentions sont implicites mais jamais portées à
l'écran, où les dialogues expliquent tout, où la musique surligne
tout.
Commençons-nous à être habitué aux films de ce genre ? Sinon comment expliquer l'engouement derrière Rogue One ? Est-ce le même que celui derrière les films Marvel - dont aucun ne brille par son efficacité, soyons honnêtes.
Rogue
One
est un film en creux, un produit préfabriqué qui se consomme et
s'oublie ; une photocopie d'une photocopie d'un bon film. Un film
indigne, dont la médiocrité
de l'exécution
empêche de prendre quoi que ce soit d'autre en considération... Accident de parcours ou premier échantillon de ce que Star Wars next-gen nous réserve ?
Valou



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