Mother! (Darren Aronofsky)
Comment Darren Aronofsky, installé en une quinzaine d'années parmi les grands noms du ciné indé US, a pu se perdre à ce point ? Quand le générique de fin apparaît, après deux heures de capharnaüm prétentieux, cette horrible question a grincé dans mon esprit tétanisé par l'ampleur de l'échec artistique de Mother!.
Commençons par le principal : le film échoue à faire vivre plusieurs niveaux de lecture. Il ne peut être apprécié au premier degré car trop de questions sont laissées sans réponse : les réactions de plusieurs personnages ne sont pas vraisemblables, des hallucinations/événements surnaturels sont passés sous silence... De l'autre, la lecture symbolique est constamment atrophiée par le comportement réaliste du personnage de Jennifer Lawrence. Le film est vissé ad nauseum à l'enjeu premier: qu'ils s'en aillent. On assiste donc à un film sans queue ni tête où, dans le but de filer un propos, le réalisateur déforme comme ça l'arrange les règles de son film, tantôt réaliste, tantôt symbolique, et laisse le spectateur se cogner sans cesse à un univers illogique.
Le personnage majeur du film est celui de Javier Bardem, reflet d'Aronosfky en plein égo-trip méta, pourtant nous suivons non-stop le point de vue du personnage de Jennifer Lawrence, passif et monochrome, tout juste assez conciliant pour que le récit puisse avancer. La limite du film-cauchemar à la première personne réside dans la pauvreté de son personnage, réduit le plus souvent à un unique objectif. Les indices sont criants : grisé par l'envie de mettre en images ses états d'âme, le réalisateur de Black Swan a écrit un film sur lui, sur sa nocivité, en le racontant du point de vue de sa compagne (Jennifer Lawrence), sans savoir rendre le tout intéressant.
L'ambition sensorielle et baroque amenuise aussi considérablement le développement de thématiques. Maternité ? couple ? création ? religion ?... Tout à la fois ? Malgré un patchwork de thématiques en germe, on est face à un film qui n'imprime aucun fil rouge thématique.
Mother! apparaît alors comme une œuvre cryptique dont la complexité d'accès excitera certains, trop contents d'arriver à percer ce qu'est en réalité un cruel manque de rigueur d'écriture. Clichés ridicules sur le processus d'écriture, tambouille de références, personnages outranciers... nous avons affaire à l’œuvre d'un artiste en roue libre, prenant ce qui sort de son stylo pour argent comptant. Darren, reviens-nous !
Valou
Mother! apparaît alors comme une œuvre cryptique dont la complexité d'accès excitera certains, trop contents d'arriver à percer ce qu'est en réalité un cruel manque de rigueur d'écriture. Clichés ridicules sur le processus d'écriture, tambouille de références, personnages outranciers... nous avons affaire à l’œuvre d'un artiste en roue libre, prenant ce qui sort de son stylo pour argent comptant. Darren, reviens-nous !
Valou



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