Samba (Olivier Nakache & Olivier Tolédano)

La bande-annonce annonçait, à mes yeux, un vrai bijou : une comédie sur une toile de fond sociale très affirmée, qui rendait hommage à la tradition comique française avec un gag emprunté dans un album d'Astérix transposé sur les toits parisiens façon Grande Vadrouille. En bref, un film populaire avec beaucoup d'ambition et une fibre Ken Loach.
Finalement c'est sûrement ce virage emprunté, du pep's d'Intouchables vers un cinéma plus sérieux qui dessert Olivier Nakache et Eric Tolédano. En effet, le succès amène inévitablement de la suspicion sur la sincérité du propos, comme si le grand public ne pouvait aimer que de mauvais films. Allez dire que votre film préféré est Titanic dans un dîner pour vous le prouver. Je perçois la réception plutôt tiède de ce film comme venant du fait que les heureux réal' d'Intouchables ne se sont pas vu adresser la légitimé nécessaire pour entreprendre ce virage plus conscient.

En même temps, pas mal de faute de goût viennent parasiter l'appréciation du film. Les réals de Nos Jours Heureux nous livre avec Samba un conte de fée moderne -recelant des passages obligées des dramédies françaises- qui s'attaque à la question des sans-papiers avec un point de vue consensuel et bien pensant. Pas vraiment de rage, ni énormément de contestation mais un point de vue assez neutre, accompagné par un certain misérabilisme matérialisé par la composition de Ludovico Einaudi. On a du mal à complètement se laisser aller dans le film, doutant souvent de l'acuité du propos. Trop mainstream pour être honnête, quelque part. Le côté cheap de certaines scènes avec des seconds rôles n'aident pas...
Néanmoins je salue le fait que le thème du travail soit traité de façon crue, sans le filtre glamourisant de la fiction qui évite parfois ce « détail » pour pouvoir faire avancer l'histoire. Ici, le travail est présenté dans ce qu'il a de plus aliénant, et ce dans différents milieux sociaux.

L'émotion effleure peu, tandis que l'humour réussit à percer tout en étant assez inégal. J'ai noté une tendance à l'auto-congratulation un peu agaçante. Même si Samba ne parvient pas à se hisser à la hauteur de ses ambitions sérieuses, la faute à un traitement malhabile (il y a un manque de crédibilité certain), et sans être le feel-good movie cathartique qu'on pouvait espérer, Samba reste un film avec des qualités, plutôt agréable à regarder, quoique vite oublié.

Valou

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