2014 en quelques mots
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| Clin d'oeil à Lucy. Pour la blague. |
Pour éviter les redites, je vous renvois vers le bilan de mi-année.
- Cette année au cinéma, j'ai été
Impressionné
par l'étrangeté et l'audace d'Under the Skin, objet filmique rare et radical porté miraculeusement sous les projecteurs grâce à la présence de Scarlett Johansson. Plus le temps passe, plus il s'installe durablement dans mon esprit comme une pépite. Futur classique ?
Emballé
par Gone Girl et par les chemins de traverse empruntés par une narration imprévisible. Mais c'est le propos insoupçonné et acéré sur les médias, le conformisme, les désillusions de la vie de couple ou le consumérisme qui hisse ce thriller en grand film d'auteur.
Admiratif
devant l'abattage de Xavier Dolan sur Mommy. Un film généreux aux qualités à revendre.
Partagé
par Interstellar, le dernier Christopher Nolan. Précédé d'attentes démesurées, le film me laissa un goût amer. J'ai eu besoin d'un deuxième visionnage pour juger le film à une plus juste valeur : un grand film de SF, se frottant à l'espace de manière réaliste et scientifique, mais qui a du mal à imposer ses indéniables qualités, à cause d'erreurs de traitement et d'une filiation trop évidente avec Inception.
Scandalisé
par le cynisme affolant affiché par Transformers - L’Age de l'extinction qui ne prend pas la peine de cacher ses ambitions vénales. Le film (le mot "prétexte audiovisuel pour gigantesques opérations marketing" conviendrait mieux) emploie tous les moyens pour aspirer le public chinois dans les salles et enchaîne les placements de produits jusqu'à la nausée. Ajoutez à cela un scénario sidérant de médiocrité, des dialogues abrutissants et un discours patriarcal nauséabond, et vous obtiendrez le prototype du produit formaté et désincarné ayant pour but de vendre du temps de cerveau et racler du pognon. On finit ce film avec le sentiment de ne pas avoir été respecté en temps qu'homme. Rassurez-vous, je n'ai filé aucun kopek à Michael Bay. Je m'étais déjà fait avoir. Deux fois...
PS : 300 : La Naissance d'un Empire, ça vaut aussi pour toi. Escroc va.
Ennuyé
par Black Coal de Yi'nan Diao, Conversations animés avec Noam Chomsky de Michel Gondry et Saint Laurent de Bertand Bonnello. Le rythme non conventionnel du premier et son souci du superflu m'a complètement fait décrocher. Un visionnage douloureux. Pour le second, le charme bricolé et artisanal s'estompe trop vite et devient lassant. Un format plus court aurait été salvateur. Quant au Saint Laurent de Bonello, en refusant les préoccupations de rythme et en recherchant continuellement un degré d'abstraction , son film devient vite un essai ennuyeux, maniéré et élitiste quoique très bien mis en scène.
CCL : En 2013, Le Loup de Wall Street et La Vie d'Adèle apportaient à jamais leur pierre à la construction de ma cinéphilie en me mettant chacun une baffe de cinéma. En 2014 aucun film ne m'aura fait cet effet. Dommage.
Néanmoins, en 2014, il faut se tourner vers le médium de la série TV pour trouver une expérience à l'impact équivalent.
- Côté série : en 2014, j'ai été
par l'excellentissime série d'anticipation de Charlie Brooker, Black Mirror. Des scénarios terrassant de qualité illustrent une vision de notre présent d'une pertinence incroyable. Une série 2.0 à conjuguer au plus-que-parfait.
Ébloui
par l'esthétique d'Utopia. Produite dans un magnifique écrin visuel (couleurs, cadres, mouvements de caméra, 2:35) et aidée d'une musique hypnotisante, la série vaut aussi bien pour son intrigue dense et ses scènes percutantes, que pour son questionnement perturbant sur le futur de nos sociétés. Une saison 2 moins convaincante ne doit pas vous décourager de jeter un œil à cette véritable claque esthétique.
Comblé
par True Detective et sa mise en scène soignée, son casting étincelant, son atmosphère à couper au couteau, ses dialogues très bien écrits, sa narration riche en tensions, sa temporalité éclatée, son background philosophique, son plan-séquence que ne renierai pas Cuarón, son magnifique générique,.. Dommage que le crescendo final attendu ne soit pas à la hauteur des ambitions placées très haut dès le début.
- Pour finir, j'évoquerai quelques découvertes et coups de cœur sincèrement recommandés. Les films suivants "made my year", si on peut dire.
- Amateur de cinéma d'animation ? Cette année a été riche en coups de cœurs animés.
Solitude, dépression, obésité, mort, alcoolisme, handicap mental... Vous n'êtes pas devant un Michael Haneke ni un Todd Solondz mais devant le superbe film d'animation Mary et Max. Un film de toute beauté extrêmement touchant.

Au rayon animation, je recommande aussi vivement La Planète Sauvage, dans lequel se côtoient un potentiel psychédélique immense avec un message pertinent sur la condition humaine.
Mind Game, Hair High ou Les enfants loup, Ame et Yuki, tous découverts cette année, ont aussi rejoint mes plus belles expériences de cinéma d'animation.

- Film profond et dérangeant évoquant nos conventions sociales et particulièrement notre rapport au handicap, Les Idiots de Lars von Trier est aussi une proposition formelle gonflée très intéressante. Son inscription dans les préceptes du Dogme nourrit aussi le scénario, ce qui apporte un discours meta réjouissant. Superbe film sur la création artistique, Five obstructions est un OVNI dont la forme rappelle celle d'un making-of. C'est en tous cas, un Lars von Trier passionnant.
Aussi à (re)voir, le premier film du réalisateur danois, Element of Crime, à la mise en scène d'une inventivité sidérante. Un régal esthétique.
- A la recherche de frissons ? Le chef-d'oeuvre du film de monstre, The Thing, ses magnifiques effets spéciaux et son suspense haletant devraient vous combler. Un film qui nous régale de son ambiguïté et de ses différents niveaux d'interprétation.
The Bay de Barry Levinson peut aussi très bien remplir cette tâche. Ce found-footage très efficace questionne notre rapport aux images et diffuse un message politique très acide.
- Robert Altman s'amuse à démontrer l'absurdité de la guerre avec une satire hilarante : M.A.S.H est un film incontournable. Moins reconnu, Sheitan eu sur moi un effet électrisant : un souci naturaliste très français produit des personnages plus-vrais-que-nature et irrésistibles tandis que cohabite un amour pas contradictoire mais complémentaire pour les films de genre, dans une tradition de cinéma plus américaine. Ainsi, Kim Chapiron s'amuse avec une histoire de diable, le tout traité avec beaucoup de dérision et d'humour. Du cinéma osé et frais.
N'hésitez pas à partager vos découvertes/coups de coeur/ressentis sur l'année 2014. Ils sont les bienvenus.
Valou











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