Mush-Room (Grace Ellen Barkey & Needcompany)
Saviez-vous
que les champignons avaient des revendications ? Qu'ils
prônaient l'ouverture d'esprit et les bienfaits du plaisir ?
Mush-Room vous le prouvera.
Écrite
par Grace Ellen Barkey et emmenée par la troupe belge Needcompany,
cette pièce se révéla pour moi comme une expérience d'une
intensité jamais rencontrée. Se présentant à priori comme un
spectacle à forte connotation hallucinogène, Mush-Room
remplit son pari en nous offrant un foisonnant délire visuel et
sonore. Il atteint des sommets dans ses moments musicaux, là où
intervient l'incroyable musique composée par The Residents (à écouter ici).
Génialement multiforme, elle profite de toutes les sonorités liées
au genre psychédélique pour une évasion jouissive qui étourdit
l'oreille par des boucles entêtantes ou de puissantes basses.
Mush-Room
offre des images plus folles les unes que les autres,
flirtant avec bonheur vers l'absurde mais n'est néanmoins pas
réductible à ses intentions esthétiques. Son empoignement
subversif du thème du corps, intimement lié à la danse, prouve en effet une certaine radicalité artistique. On trouve aussi un propos critique assez acerbe
Les
acteurs ne sont pas en reste. Ils impressionnent autant pour leur performance physique que
pour leur investissement total dans une forme de folie douce qui rappelle celle prônée dans Les Idiots de Lars Von Trier.
On
a affaire à un théâtre contemporain frais, libre qui diffuse ce sentiment de liberté par
son message hédoniste et libidineux, tout comme dans la liberté de
sa mise en scène, puisant dans la danse comme dans les
autres formes de spectacle.
Une
expérience sensorielle dingue pour un moment de beauté à ne pas
rater.
Valou



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