Bande annonce de "Knight of Cups" : merci Père Noël
Lundi
15 décembre, nous apprenons que Knight of Cups sera présenté
à la Berlinale en février 2015. Génial, le film sera donc prêt
pour le premier trimestre 2015 et devrait, à priori, ne pas trop se faire
attendre. En effet, on commençait à s'impatienter de
voir ce film, Malick étant connu pour avoir recours à de longues
périodes de post-production afin de réécrire ses films au montage.
Espéré en 2014, il avait bien fallu se résigner à ne voir ce film que l'an prochain. De plus, l'annonce de sa sélection à la Berlinale
rapprochait la période d'expectative avant la prochaine apparition de Natalie Portman au cinéma. Ce qui n'est pas peu de choses. En
effet, la sortie de Jane got a gun a été repoussé jusqu'à
perpette (septembre 2015, seriously ?!) et la date de sortie de A
Tale of love and darkness ne se fait toujours pas connaître. Que
de coups durs pour les aficionados de l'actrice.
Et
le jour même, la bande-annonce est révélée. Cette journée du 15
décembre prend une bien belle tournure. C'est avec une excitation
immense que je découvre...
Un tunnel. Des images d'une beauté
saisissante. La voix sombre de Christian Bale posée sur une
bande-son tendue, inquiétante, menaçante. Puis des visions plus folles les unes que les
autres, saupoudrées par une tendance surprenante à l'expérimentation
visuelle : un montage syncopé, variant les types de captation
avec une image immersive et distordue; des images en noir-et-blanc. Ce
renouvellement du style de Malick appuie le sentiment qu'il s'agit
bien d'un des plus grands formalistes en activité. Ce ne sont pas
les cadres insensés (la caméra en rotation sur Wes Bentley, tout
courbé) ni les plans beaux comme des tableaux qui vont faire mentir
ce sentiment. Puis, après un changement d'atmosphère
remarquablement bien construit, la bande-annonce verse dans un
registre plus lyrique, plus familier du Malick de Tree of Life. Il
vous faudra beaucoup de self-control pour ne pas être sidéré
par cette suite d'images portée par une musique des plus
emphatiques.
Un tunnel. Knight of Cups. Coming Soon
Les
errements existentiels d'un homme évoluant dans un monde de
débauche, une tension inattendue, une peinture meta du show-business, des images qui
pourraient figurer dans un supercut des plus beaux plans du
cinéma, la promesse d'un maelstrom de sensations (un concert, une
scène sur une plage)... il se pourrait que le septième art tienne un
chef-d’œuvre. Pardonnez l'engouement hâtif mais jamais
bande-annonce ne m'avait ému à tel point. Ajouter à l'intensité
et l'efficacité mêmes du trailer, l'attente autour du film
pour la promesse d'un casting scintillant (Christian Bale, Cate
Blanchett, Wes Bentley, Jason Clarke, Freida Pinto, Antonio Banderas,
Imogen Poots, Teresa Palmer...) et la découverte d'images inédites
de la belle Natalie Portman et vous aurez une idée du choc
esthétique incomparable que le visionnage de la bande-annonce de
Knight of Cups eut sur moi en ce lundi soir. Si le film n'est pas un chef-d'oeuvre, la bande-annonce sera au moins un condensé de beauté qui l'aura fait penser très fort.
Depuis
Tree of Life, Terrence Malick fait un cinéma plus éthéré,
plus dépouillé, plus arty mais aussi moins accessible, plus
cryptique. La magnifique bande-annonce de Tree of Life (piqûre de rappel par ici) laissait
déjà entrevoir une construction bien particulière et difficile
d'accès, opposant l'enfance d'un garçon avec les origines de la
Terre. Dans Knight of Cups, l'histoire d'un point de vue
humain semble prévaloir et les accents métaphysiques relégués à
la voix-off (« from darkness to light » - une
phrase de conclusion rappelant une autre célèbre bande-annonce de2014). La meilleure partie de Tree of Life étant, à mes
yeux, l'histoire à hauteur d'enfant, je suis d'autant plus excité
de penser que le récit ne sera pas phagocyté par des scènes extra-terrestres. De
plus, là où la bande-annonce d’À la Merveille, tout aussi constellée
de plans magnifiques, avait des airs de prêche catho un peu guindé,
celle de Knight of Cups transpire d'une énergie survoltée,
jusque dans sa forme, et promet une plongée sauvage dans l'esprit
confus d'un homme. Wait and see...
Valou






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