2015 : Le Bilan
Un bref passage en revue de 2015, une année maintenant définitivement achevée. En attendant de découvrir ce que 2016 nous réserve en moments de cinéma...
- LE PIRE MOMENT A PASSER -
A la Saint-Valentin, on ne pouvait pas échapper à Cinquante Nuances de Grey... L'horreur ! L'emballement médiatique a poussé le public en masse dans les salles pour découvrir le plus gros navet de l'année, au scénario si ridicule qu'il défie les limites de l'entendement. Des péripéties invraisemblables, des personnages sans aucun relief, une idéologie macho et bling-bling... Zéro.
- LA PROMO ANACHRONIQUE -
En 2002, le monde découvre Gollum dans Les Deux Tours. En 2004, Zemeckis réalise Le Pôle Express. Avatar casse la baraque en 2009. Deux ans plus tard, Tintin cartonne en France. On reconnait maintenant Andy Serkis... Pourtant, la promo du premier film de Jamel, Pourquoi j'ai pas mangé mon père, nous a vendu la technique de la motion-capture. En 2015 ? Faut pas pousser...
Parisienne depuis peu, Natalie Portman avait fait le vœu de travailler avec des cinéastes français. C'est maintenant fait, car elle s'est engagée en 2015 auprès d'un des plus beaux talents de l'Hexagone, Rebecca Zlotowski. Après Belle Epine et Grand Central, c'est une sacrée promotion pour cette jeune réalisatrice, d'autant plus que le film semble très ambitieux. En effet, Planétarium est annoncé comme un film surnaturel se déroulant dans le Paris des années 30.
Il était difficile d'échapper à Alicia Vikander cette année : quatre fois à l'affiche (cinq en comptant Le Septième Fils en décembre 2014), l'actrice repérée dans Royal Affair a également joué dans un film DTV avec Ewan McGregor et dans The Danish Girl, un des favoris de la course aux Oscars, qu'on ne pourra découvrir en France qu'en janvier. Confirmée dans le prochain Jason Bourne, annoncée comme la nouvelle Lisbeth Salander, attendue dans le prochain film de Derek Cianfrance, Alicia Vikander est devenue incontournable en 2015. Le rôle à retenir ? Celui d'une troublante androïde dans Ex Machina, d'Alex Garland.
- LES PLUS BEAUX PLANS -
Knight of Cups mis hors-compétition, la distinction du plus beau plan de l'année se joue entre trois prétendants. Macbeth et ses magnifiques plans, soigneusement composés, dont on retiendra surtout ceux de l'impressionnante "scène rouge" (en illustration). Vient ensuite Ex Machina et son avant-dernier plan. Des ombres glissant sur le trottoir : une magnifique idée visuelle au service du sens.
Puis Mustang qui propose, au début du film, un travelling latéral suivant la course des sœurs le bord de la plage. On perçoit toute l'énergie des filles dans ce long mouvement à l'effet saisissant.
- LE MONOLOGUE -
"Nous avons vu l'iceberg et nous avons alerté le Titanic, mais vous avez foncé dessus. A pleine vapeur. Pourquoi ? Parce que vous voulez sombrer."
En regardant un blockbuster Disney, on ne s'attend pas tellement à être touché par la portée d'un discours. Dans Tomorrowland (Brad Bird) ce fut le cas. Généralement, lorsqu'un méchant entame un speech pour justifier ses actes, c'est l'occasion de mesurer le fossé moral qui sépare les gentils des méchants. Ici, l'affaire est bien plus nuancée. A la place, Hugh Laurie parle de la façon dont l'humanité, préférant consommer l'apocalypse sous toutes ses formes plutôt que de faire le moindre effort pour l'éviter, s'est résignée à un piteux futur au lieu d'essayer de le changer. Les mots, exaltant un ultime sursaut, sautent à la figure du spectateur, surpris d'être pris à rebrousse-poil par ce divertissement familial pas commun.
- LE PLAGIAT MUSICAL -
Comme si Le Voyage d'Arlo avait besoin de ça. Toujours est-il que les compositeurs ont recyclé des accords du Seigneur des Anneaux, ceux de Concerning Hobbits, pour le score du dernier Pixar. En effet, difficile de se dire que les frères Danna n'ont jamais entendu la B.O de Howard Shore, l'une des plus célèbres de ces dernières années. Au bout des quinze premières secondes de cette piste, on a l'impression que des Hobbits vont débarquer. Et cette phrase musicale revient tout au long du film...
- L'EFFET GRAPHIQUE -
2015 fut l'année du double exposure, cet effet graphique popularisé par le générique de True Detective. Sicario, Macbeth, Hector, Le Transporteur, Profanation, Tom à la ferme (pour son poster américain, en illustration) ont eu recours à cet effet au rendu sophistiqué pour leur affiches. Mais c'est également le cas d'albums (l'EP Out of Violence de Montmatre) et de campagnes pub (l'Armée de Terre). The Affair l'a également utilisé pour la promotion de sa saison 2 dont la chronique arrive prochainement.
Bonne année à tous !








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