Star Wars - Le Réveil de la Force (J.J. Abrams)
Comment
commencer une critique sur Le Réveil de la Force ? Un
commentaire grinçant sur l'abattage médiatique ? Une litote sur
l'attente considérable ? En voulant se démarquer du phénomène,
on fait finalement comme tout le monde. Le débrief' de la sortie de
Star Wars VII viendra en son temps. Ici, il sera question du
film qui, comme le laissait présager les bande-annonces, replace
Star Wars sur le chemin du bon cinéma, après trois films
embarrassants de médiocrité.
Le
contraire eut été étonnant. En effet, J.J. Abrams avait toutes les
dispositions pour nous offrir le divertissement attendu. Il réussit
à nous proposer un film hautement satisfaisant en terme de
sensations, en y insufflant son style viscéral qui emporte le
spectateur dans l'action sans demi-mesure. Comme à l'accoutumé chez
Abrams, le vernis fictionnel tombe grâce au jeu intense des
comédiens, Daisy Ridley en tête, qui excelle à chaque plan. A
certains moments, son naturel est juste bluffant. John Boyega est
également très bon, dans un registre comique qui, cependant, jure
parfois avec le style mythologique de Star Wars. Néanmoins,
l'humour du film fait mouche à chaque fois, ce qui parachève
l'efficacité du divertissement.
Le
plaisir à voir un film d'Abrams est intact : plans très
chorégraphiés, cadrages étudiés, long plans impressionnants,
montage dynamique... Le Réveil de la Force a du style. Il
acquiert même de la poésie lors de scènes muettes où néanmoins
beaucoup de choses se disent. On ne peut pas en dire autant des
scènes de dialogues, un peu tièdes par rapport à ce qu'Abrams a su
proposer dans Star Trek.
Le
gouffre qui sépare la prélogie (ou le blockbuster moyen) du Réveil
de la Force donne envie de célébrer chaque qualité -
constitutive d'un bon film - que possède le septième Star Wars,
cependant ce dernier n'est pas le bijou d'entertainment auquel
on pouvait rêver, desservi par un scénario qu'il aurait été
nécessaire de faire évoluer sur quelques versions supplémentaires.
Des regrets, des reproches l'empêchent de rejoindre les cimes de
l'épisode IV ou V.
De fait, la réussite de l'Episode VII ne peut se mesurer complètement qu'au jour de son inscription dans la saga créée par George Lucas. Des idées intéressantes viennent compléter l’œuvre préexistante (un Stormtrooper avec une identité, Kylo Ren tenté par la côté lumineux), mais en y réfléchissant à deux fois, bien que bien traitées, elles ne sont que l'exploration d'idées en sommeil dans la trilogie originale (Han et Luke déguisés en stormtrooper, Vador s'en remet à la lumière à la fin du Retour du Jedi). On mesure là que l'innovation qu'offre Abrams est malheureusement à relativiser.
De fait, la réussite de l'Episode VII ne peut se mesurer complètement qu'au jour de son inscription dans la saga créée par George Lucas. Des idées intéressantes viennent compléter l’œuvre préexistante (un Stormtrooper avec une identité, Kylo Ren tenté par la côté lumineux), mais en y réfléchissant à deux fois, bien que bien traitées, elles ne sont que l'exploration d'idées en sommeil dans la trilogie originale (Han et Luke déguisés en stormtrooper, Vador s'en remet à la lumière à la fin du Retour du Jedi). On mesure là que l'innovation qu'offre Abrams est malheureusement à relativiser.
Englué
dans le respect de l’œuvre de Lucas et sans doute apeuré par les
fans, agressifs gardiens du temple, « Jay Jay » a
envisagé la création au travers du sample, de la réorchestration,
du... remake - n'ayons pas peur des mots. De la part du réalisateur de
Super 8, film-hommage à Spielberg, rien de très étonnant.
Les prequels avaient le mérite de se jeter corps perdu dans
une direction différente. Ici, le parfum de madeleine est un peu
trop fort. Les motifs empruntés au premier film sont légions,
jusqu'à un synopsis similaire. La réutilisation de l'Etoile Noire,
conduisant à l'intrigue la moins intéressante du troisième acte,
est la goutte d'eau qui laisse un goût amer en bouche.
Le
Réveil de la Force profite du talent de J.J. Abrams qui connaît
parfaitement son métier. On a donc affaire à un blockbuster réussi, efficace en diable, qui procure frissons de plaisir et
haut-le-cœur, tout en donnant envie de se jeter sur la suite. Pour autant, il ne peut briguer un statut de classique. Son scénario à affiner davantage et son manque de singularité l'en empêchent. Satisfaisant mais pas transcendant. A
l'image du score de John Williams, finalement.
Valou




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