Godzilla (Gareth Edwards)



Attention spoilers

Les ingrédients étaient bons. La présence au casting de Juliette Binoche et de Bryan Cranston, enfin dans un rôle important au cinéma après sa consécration Breaking Bad, était un gage de qualité. Frank Darabont en script doctor ça ne pouvait pas faire de mal. Alexandre Desplat à la baguette, non plus. On pouvait espérer de bonnes choses de la part de Gareth Edward, remarqué avec le film indé Monsters. En plus, le teaser était super accrocheur, et promettait un film de monstre viscéral, à hauteur d'hommes...

Au fur et à mesure de la projection, les espoirs se sont volatilisés et ont laissé place à haussements de sourcil, soupirs et colère. Tout d'abord, je fus très déçu de constater la rapide disparition des deux acteurs cités plus haut. Moi qui pensais que Bryan Cranston jouait le héros, j'ai pensé à une entourloupe lorsqu'il apparut mort prématurément dans l'intrigue. C'est le jeune (et pas très bon acteur) Aaron Taylor-Johnson qui endosse le rôle du héros, soldat US zélé parti coûte que coûte dézinguer du monstre. Les personnages sont stéréotypés comme pas possible et certaines scènes franchissent allègrement la limite du ridicule. Plombé par un traitement très sérieux, le film crée des moments surréalistes et aberrants. En plus de ça, le scénario est bourré de facilités et de situations préfabriquées. Par exemple, les discussions au Q.G militaire versent dans le n'importe quoi, tandis que l'épilogue du film est d'un cliché digne d'une parodie.

Godzilla : Affiche
Créé dans le Japon post-Hiroshima, Godzilla incarnait la peur du nucléaire. La version de 2014 s'inscrit dans la même veine : on y trouve un discours méfiant envers le nucléaire, dont on aperçoit les coulisses. La première scène se lit même comme l'allégorie de la catastrophe de Fukushima. Un peu de sang neuf dans l'imagerie catastrophe proposée par le film, car les autres références catastrophe manquent de fraîcheur. La représentation du tsunami n'est pas mémorable. Elle n'apporte rien à ce qui a déjà été fait dans Le Jour d'Après, Au-Delà ou The Impossible. Tout comme les citations très appuyées au 11 septembre. Un avion qui se crashe dans un immeuble, foule en panique, pompiers sur ville en ruine : le film nous fait la totale dans le dernier tiers du film mais sans renouveler quoi que ce soit dans la représentation qu'on nous ressert dans plein de blockbusters hollywoodiens depuis dix ans.


Sans inventions, sans âme, sans émotions, le Godzilla de Gareth Edwards est un produit formaté, réalisé en pilote automatique, destiné à plaire au même public que les films de Michael Bay ou de Roland Emmerich. Même omniprésence militaire, même personnages stéréotypés, mêmes ficelles narratives éculées, même enfilade de scènes téléguidées... Plus proche d'un Transformers/2012 qu'un King Kong/The Host. Un gâchis aussi gros que Godzilla. C'est dire.

Valou

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