La Planète des singes - L'affrontement (Matt Reeves)
En 2011, le succès
de Rise of the Planet of the Apes (platement traduit La
Planète des Singes – Les Origines) remettait sur les rails du
box-office la franchise de La Planète des Singes, après une
tentative menée par Tim Burton en 2001. Le film de Rupert Wyatt se distinguait en
assumant une origin story axée sur César, au traitement
avant tout intimiste. En effet, une scène d'action ne pointait le
bout de son nez que pour l'ultime séquence, finissant le
long-métrage sur un gros cliffhanger.
Du temps a passé.
Le virus du premier film a décimé une grande partie de la
population mondiale et les singes vivent désormais comme des Ewoks, dans
un village perché au milieu de la forêt. Le hic c'est qu'ils se sont
installés près d'un barrage hydraulique que les humains, à court
d'énergie, convoitent coûte que coûte.
De ce
postulat de western, le film tisse une histoire aux ressorts très
simples - osons le mot « shakespearien » assez galvaudé
- mais qui fonctionne grâce à l'alchimie générale du film. Là
où le premier film était un peu lisse dans sa forme, sa suite
annonce la couleur : plus épique, plus dark, plus
viscéral. Une mutation notamment affichée par un ancrage dans un
futur post-apo, dont l'ampleur des décors urbains est visuellement
saisissant.
Outre
une direction artistique plus ambitieuse, L'Affrontement voit
aussi plus grand sur le plan des effets-spéciaux. Il serait faux de
dire que le résultat est parfait. On jongle selon les plans entre
une impression de faux qui saute aux yeux et un sentiment bluffant,
qui domine largement. Ça laisse de la marche de manœuvre à Weta
Digital qui a néanmoins amélioré le manque d'expressivité de
certains singes du premier opus. Encore une fois, à l'écran, c'est
César qui vole la vedette, interprété par Andy Serkis qu'on ne
présente plus. Sa prestation ouvre encore le débat sur la
légitimité de la performance capture. Faut-il la considérer
au même niveau qu'une performance live, alors que le visage
de l'acteur n'existe plus à l'écran ? Andy Serkis est
clairement le meilleur acteur du film, mais faut-il douter de la
fiabilité de restitution de la mo-cap, qui est une technique
de jeu reposant sur l'animation par ordinateur. Depuis Avatar,
les acteurs nous répètent à quel point cette technique est fidèle
à leur prestation. Discours promotionnel ? lobbying
progressiste ? Ou preuve d'une vraie révolution dans l'acting ?
La qualité des
effets-spéciaux rend possibles des aspects audacieux du script qui auraient pu
faire hurler sur le papier (des singes qui discutent en langage des
signes). Grâce au script efficace et à des singes qu'on sent très menaçants pour l'homme, Dawn of the Planet of the Apes
diffuse un sentiment de tension presque permanent. Malgré une durée un chouilla excessive. Matt Reeves tire
son épingle du jeu sur ce blockbuster estival en proposant quelques
audaces visuelles dans le derniers tiers d'action du film, tout comme
lors d'une scène dialoguée où il laisse respirer le cadre.
Malheureusement la musique tombe un peu plus dans l'écueil des
partitions envahissantes de blockbusters.
Tout en proposant
ce qui fait le sel de La Planète des Singes, à savoir une
remise en perspective du règne humain et un recours à
l'anthropocentrisme, cette suite amène la saga rebootée vers
une nouvelle dimension épique et grandiose pour un spectacle
hautement divertissant. Une réussite.
Valou
Valou




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