Lucy (Luc Besson)
Après
une incartade chez Nuri Bilge Ceylan et la froideur des steppes
anatoliennes, quoi de mieux que le dernier Luc Besson pour se changer
les idées ?
Luc Besson ou le réalisateur-Peter Pan nous livre avec Lucy une nouvelle variation de son cinéma. Maintenant âgé de 55 ans, Luc semble toujours écrire ses scripts avec les yeux d'un enfant qui aime les flingues et les poursuites en voiture. Parfois ça marche. Le Cinquième Élément, malgré ses excès, transpire le rêve de gosse qui veut faire comme oncle George. Et difficile de résister à son Léon, très attachant et maîtrisé autant narrativement que dans sa réalisation. Hélas, avec Lucy, le cocktail Besson tient plus du cahier des charges des productions micro-ondables d'EuropaCorp.
Luc Besson ou le réalisateur-Peter Pan nous livre avec Lucy une nouvelle variation de son cinéma. Maintenant âgé de 55 ans, Luc semble toujours écrire ses scripts avec les yeux d'un enfant qui aime les flingues et les poursuites en voiture. Parfois ça marche. Le Cinquième Élément, malgré ses excès, transpire le rêve de gosse qui veut faire comme oncle George. Et difficile de résister à son Léon, très attachant et maîtrisé autant narrativement que dans sa réalisation. Hélas, avec Lucy, le cocktail Besson tient plus du cahier des charges des productions micro-ondables d'EuropaCorp.
On
pourrait passer du temps à pointer du doigt les faiblesses scénaristiques
du film (les personnages écrits au balai à brosse, des méchants forcément exotiques et... tout les tics du cinéma de Besson, en fait) mais
ce serait malhonnête de le railler là où ses intentions
sont ailleurs. En omettant le trait grossier de l'écriture, la partie pré-mutation, baignée sous les nappes sonores de basses, est assez plaisante. Difficile de fermer les yeux au fur et à mesure que le film avance, car toujours est-il que le nouveau film de Besson
souffre d'une triste qualité d'écriture, comme si on avait affaire
à une ébauche, un premier jet. L'intrigue est rachitique, tandis
qu'à cause de son concept SF – déjà aperçu dans Limitless et ici tellement mal exploité – le film se
perd dans sa volonté d'apporter des enseignements scientifiques ou métaphysiques et
échoue en rendant son héroïne incompatible avec tout attachement.
On perçoit très peu son changement de personnalité, ce sont ses
nouveaux pouvoirs qui intéresse surtout Luc Besson. Ainsi, Scarlett
Johannsson trimballe sa trogne de cyborg à travers un déluge
d'action filmé sans éclat, mis à part une course-poursuite dans Paris assez réjouissante. On reste donc étranger au film qui
zappe sur les grands thèmes qu'il voudrait développer, pensant que
l'illustration d'images façon Tree of Life y suffit. Du
second degré aurait pu faire de Lucy un plaisir coupable, or
le film se prend au sérieux - on rit du ridicule de certains passages. On peut le constater dans sa volonté de citer 2001 :
L'Odyssée de l'espace, Matrix et Inception
dans des références non pas assimilés mais recrachés – comme
souvent chez Besson, qui veut montrer qu'il est bon élève.
Un
scénario à côté de la plaque transforme le film divertissant que
devait être Lucy en film didactique, lourdingue et dénué d'émotion. Besson mérite-t-il une tape bienveillante sur l'épaule, comme on le ferait pour ne pas vexer un gamin naïf et sûr de lui. Ou la médiocrité insultante du script est-il à mettre à l'actif d'un businessman paresseux et calculateur expert en placement de produits (coucou Samsung, Evian, Peugeot...) ? Cette question est la seule chose qui me restera de Lucy...
Valou
Valou



L'argumentation, vous connaissez ? Vous balancez des niaiseries sans détailler vos propos.
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