It Follows (David Robert Mitchell)
Doublement primé au festival de Gerardmer, It Follows a atteint les écrans français dans la foulée. Le film indé de David Robert Mitchell s'inscrit dans la noble tradition des films d'horreur vecteurs d'une métaphore sur le réel. Bien plus qu'un prétexte pour aligner des moments d'effroi, l'histoire se prête à l'interprétation, et ne se referme d'ailleurs sur aucune idée en particulier. En tous cas, à aucun moment il ne verse dans le puritanisme que pouvait laisser présager le pitch, intimement lié à la sexualité.
Plus qu'un plaisir horrifique, It Follows, véritable écrin esthétique, s'affirme comme un plaisir de cinéma tout court. La bande-originale rétro, rappelant les scores riche en synthés des films de John Carpenter, est aussi efficace pour diffuser une atmosphère langoureuse -qui apporte beaucoup de cachet au film- que pour provoquer l'effroi dans des sursauts de sons dissonants. La mise en scène est incarnée, inspirée et élégante et révèle le talent de David R. Mitchell comme créateur d'ambiance qui peut faire penser à celle de Drive pour son inscription dans un présent fictif inspiré des 80's. Un côté teen-movie ressort en filigrane grâce à des personnages attachants et tous bien interprétés. De plus, le personnage de Paul, transi d'un amour non réciproque, apporte une certaine sensibilité au long-métrage. Bien qu'on trouve quelques facilités scénaristiques, It Follows porte un regard malin sur lui-même en jouant de manière diffuse avec les codes du film d'horreur, et ce dès le premier plan du film.
Nourri d'un pitch à la simplicité redoutable et facilement exportable dans le subconscient du spectateur, le film livre une tension permanente malgré le caractère répétitif de l'intrigue. Quant aux scènes d'horreur, elles m'ont cloué au siège. En bref, un film d'horreur racé, inspiré et efficace. Que demander de plus ?
Valou



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