Quid de la saison 2 de Broadchurch ?
La saison 2 de Broadchurch a désormais été intégralement révélée. Après une première saison chroniquée avec beaucoup d'enthousiasme il y a peu, je voudrai partager mon avis sur la deuxième saison. Je préviens de suite, la déception est de taille.
Depuis
l'épisode 3, le doute fait progressivement son œuvre et craquelle
peu à peu le visionnage. J'ai traversé le visionnage en me disant que
j'aurai du mal à convaincre une personne ne connaissant pas
Broadchurch des qualités que la série faisait preuve dans la
saison 1.
Les situations paraissent grossières (le retour dans l'arène de Susan Wright est téléguidé...), parfois soap (Ellie Miller faisant face au « deuil » de son mari en couchant avec un inconnu, la relation Becca Fisher-Paul) et même certaines répliques dépassent la ligne rouge ("je veux que tu m'attaches"). La mise en connexion de certains personnages semble artificielle (Hardy allant voir Jocelyn Knight à l'improviste, Olly Stevens qui se pointe chez Hardy...) mais le plus gros reste ces réunions chez les Latimer qui réunissent plein de personnages du village. How convenient...
L'écriture semble manquer de rigueur, lâchant du lest sur la cohérence et la vraisemblance à moult reprises, comme si le public déjà conquis n'allait pas trop porter attention. Sans l'avis favorable gagné au fil de la première saison, qu'aurais-je vraiment pensé de cette saison 2 ?
Certains des personnages introduits sont très décevants. Lee Asworth est présenté comme un antagoniste monolithique : un grand méchant loup. Son traitement n'évolue pas au fil des épisodes, ce qui permet de nourrir une romance de couple maudit maladroite psychologiquement. Son couple avec Claire Ripley, assez antipathique, ne marche à aucun moment et franchit la limite du ridicule.
C'est un autre couple de personnages qui relève le niveau des personnages de la saison, celui interprété par Charlotte Rampling et Marianne Jean-Baptiste. Les deux actrices sont très bonnes et leur tensions nourrissent bien l'intrigue juridique. Le portrait des médias au cœur de la première saison laisse la place à un portrait de l'institution juridique. Le regard est toujours acide, comparant le procès à un combat sans merci. Malgré un traitement trop spectaculaire, la tension est là, d'où le fait que l'intérêt de la saison se trouve presque intégralement dans cet intrigue, entrant étonnamment en résonance avec l'actualité. Quant à l'intrigue policière de Sandbrook, elle est peu passionnante et passe au second plan.
Les situations paraissent grossières (le retour dans l'arène de Susan Wright est téléguidé...), parfois soap (Ellie Miller faisant face au « deuil » de son mari en couchant avec un inconnu, la relation Becca Fisher-Paul) et même certaines répliques dépassent la ligne rouge ("je veux que tu m'attaches"). La mise en connexion de certains personnages semble artificielle (Hardy allant voir Jocelyn Knight à l'improviste, Olly Stevens qui se pointe chez Hardy...) mais le plus gros reste ces réunions chez les Latimer qui réunissent plein de personnages du village. How convenient...
L'écriture semble manquer de rigueur, lâchant du lest sur la cohérence et la vraisemblance à moult reprises, comme si le public déjà conquis n'allait pas trop porter attention. Sans l'avis favorable gagné au fil de la première saison, qu'aurais-je vraiment pensé de cette saison 2 ?
Certains des personnages introduits sont très décevants. Lee Asworth est présenté comme un antagoniste monolithique : un grand méchant loup. Son traitement n'évolue pas au fil des épisodes, ce qui permet de nourrir une romance de couple maudit maladroite psychologiquement. Son couple avec Claire Ripley, assez antipathique, ne marche à aucun moment et franchit la limite du ridicule.
C'est un autre couple de personnages qui relève le niveau des personnages de la saison, celui interprété par Charlotte Rampling et Marianne Jean-Baptiste. Les deux actrices sont très bonnes et leur tensions nourrissent bien l'intrigue juridique. Le portrait des médias au cœur de la première saison laisse la place à un portrait de l'institution juridique. Le regard est toujours acide, comparant le procès à un combat sans merci. Malgré un traitement trop spectaculaire, la tension est là, d'où le fait que l'intérêt de la saison se trouve presque intégralement dans cet intrigue, entrant étonnamment en résonance avec l'actualité. Quant à l'intrigue policière de Sandbrook, elle est peu passionnante et passe au second plan.
On
retrouve néanmoins la même ambiance mélancolique que dans la première saison, avec une
certaine dose d'émotion déchargée dans chaque épisode, toujours
en partie grâce à la très belle bande-originale. Mais encore une
fois, le doute à l’œuvre, cette ambiance dépressive m'a parfois
semblé emprunte de niaiserie. Je ne suis plus autant investi, à
cause de fausses notes récurrentes. Celles-ci donne au fur et à mesure une impression commerciale à la série, comme cette touche macabre à la fin de l'épisode 5.
Au même titre qu'Utopia, à l'extraordinaire première saison, Broadchurch ne réalise pas l'exploit de livrer une deuxième saison à la hauteur des espérances : le résultat semble plus désincarné et laisse entrevoir le processus scénaristique. Une
écriture aux facilités qui tire la série vers le bas, la faisant
passer pour une série télé moyenne. Jusqu'à faire du mal au souvenir de la première saison, vraie pépite de télé.
Valou
Valou



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