Cannes 207 : Wind River, Après la Guerre, Tesnota

Wind River (Taylor Sheridan - Un Certain Regard / En compétition pour la Caméra d'Or)

Dans une formule proche de son dernier travail en tant que scénariste, Comancheria (film de genre, un coin abandonné des US, score rustique de Cave & Ellis), Taylor Sheridan nous propose Wind River comme premier long-métrage en tant que scénariste-réalisateur. Il réunit les Avengers Jeremy Renner (qui se la joue un peu trop cow-boy impénétrable) et Elisabeth Olsen pour une enquête criminelle dans l'état enneigé du Wyoming.
On connait les ficelles mais les aptitudes du scénariste Sheridan, passant notamment par de bons dialogues, rendent le tout suffisamment incarné pour suivre l'histoire avec plaisir. A l'instar d'un bon roman de gare, Wind River est un film modeste mais solidement exécuté.

Après la Guerre (Annarita Zambrano - Un Certain Regard / Caméra d'Or)

Un sujet aussi intéressant et dramatique soit-il (ici, un ancien militant radical italien, bénéficiant de l’amnistie française depuis vingt ans, est désormais recherché pour être extradé) ne garantit pas un film avec les même qualités. L'épaisse dimension politique et la gravité des enjeux sont desservis par un dépouillement formel, rendant le film ennuyeux à suivre - les changements successifs de points de vue n'aidant pas davantage à s'engager. Qui plus est, le premier long de Annarita Zambrano souffre de plusieurs maladresses (vraisemblance, caractérisation).

Tesnota - Une Vie à l'étroit (Kantemir Balagov - Un Certain Regard / Caméra d'Or)

Pétri d'idées de mise en scène, chargé d'une plus-value graphique à chaque plan, Tesnota prouve la maîtrise de cinéma de son jeune réalisateur. Le film aurait mérité d'être plus condensé, la narration moins énigmatique mais l'authenticité des performances, les propositions mémorables de scènes et les émotions soulevées par cette histoire d'amour interdit forcent le respect. Très prometteur.

Valou


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