Les Fantômes d'Ismaël (Arnaud Desplechin - Film d'Ouverture)

Ce n'est sûrement pas pour l'originalité du pitch (un artiste névrosé se trouve ébranlé par le retour d'une figure de son passé) que ce matin, des festivaliers attendent près de deux heures afin de pouvoir se rendre à la séance du lendemain des Fantômes d'Ismaël. Je l'avoue, l'aura des acteurs et celle du réalisateur, installé parmi les tôliers d'un cinéma français défendu par la presse, sont les vraies raisons de ma présence dans la file d'attente. Après tout, l'histoire ne compte pas, c'est le traitement.

C'est pourtant là que le bat blesse. Se dispersant dans la seconde moitié, délaissant des personnages pour en faire apparaître d'autres, le film n'affiche pas de fil rouge cohérent et manque d'unité. A force de ne pas savoir contenir son récit, on ne sait plus ce que ce dernier cherche à raconter.
Pis, l'investissement du spectateur est rendu impossible par des dialogues affreusement grossiers. Les répliques, extraites des fantasmes d'un auteur mais pas de la bouche des personnages, sonnent horriblement faux. Le manque d'incarnation des personnages est patent, surtout chez les petits rôles.

On prend conscience des limites de la politique des auteurs que promeut le festival. Chaque entorse à la suspension de crédulité du spectateur, chaque maladresse, se justifie par la personnalité de l'auteur, saint-argument de la critique embourgeoisée qui exclut de la compréhension les spectateurs aux considérations plus terre-à-terre.

Pour débuter sa 70° édition, Cannes nous offre malheureusement un film qui va contribuer à la mauvaise réputation du cinéma français chez les spectateurs non-encartés. Je parle de ceux qui ne tombent pas en pâmoison devant des aaacteurs, ceux qui considèrent l'aspect autobiographique d'une œuvre comme accessoire, ceux qui trouvent finalement tout cela bourré de clichés, fumeux, brouillon et vaniteux. 

Valou 

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