True Detective (Nic Pizzolatto - HBO)

Dans l'étendu univers du petit écran, il y a les mauvaises séries, les bonnes, et les chef d'œuvres. Après Breaking Bad, puis Real Humans, je n'arrivais pas à trouver de série transcendante. C'est aujourd'hui chose faite avec la première saison de True Detective, amenée par les deux grands acteurs Matthew McConaughey et Woody Harrelson.
J'avais commencé cette série après avoir dévoré la première saison de Broadchurch de Chris Chibnall. Je cherchais une série policière à l'ambiance sombre, se focalisant sur des personnages à la psychologie très marquée. Il m'était donc impossible de passer à côté de la série événement True Detective dont j'avais entendu le plus grand bien.

Article garanti sans spoiler. 


Deux détectives à la recherche d'un tueur psychopathe aux rituels étranges, on avait déjà vu ça avec Seven, et l'ambiance générale de la série m'a également fait penser à Zodiac. Vous l'aurez donc deviné, il y a une forte influence fincherienne dans cette série : la noirceur, la psychologie des personnages, le côté cru et sale... Mais attention, j'ai bien parlé d'inspiration, car True Detective est authentique, et mérite le plus grand des respects.

Utilisant à merveille le format (à la fois court et long) de la série, Nic Pizzolatto et sa fine équipe nous emportent dans la Louisiane des années 90. Si vous êtes un amateur des histoires à rebondissements perpétuels où respirer ne devient qu'une option, où les enquêtes sont bouclées en 45 minutes, passez votre chemin.

Ici, on prend son temps, ce qui nous permet de découvrir peu à peu les deux détectives : Rust Cohle (Matthew McConaughey), arrogant au passé ambiguë et Martin Hart (Woody Harrelson), un père de famille instable. Là est la première force du scénario : au fur et à mesure que l'enquête avance, nous découvrons deux personnages idéologiquement opposés, en même temps qu'eux-même se découvrent.
Nic Pizzolatto a eu la brillante idée d'accorder, durant la première moitié de la saison, plus d'importance à cette intrigue plutôt qu'à l'enquête. Cela nous permet de nous immiscer peu à peu dans l'histoire, en nous identifiant aux deux détectives. Mais sur ce point, le jeu des acteurs n'est pas anodin. En effet, le couple Harrelson/McConaughey nous livre une interprétation exceptionnelle, d'une justesse incroyable.
Le seul tout tout tout petit point noir que je ferais remarquer est que la série rencontre quelques longueurs vers les épisodes 3 et 4, avant de rebondir et aller crescendo jusqu'à la fin. Mais c'est vraiment pour chipoter...

La deuxième perle du scénario concerne l'enquête de l'enquête. Le premier épisode commence par le début d'un long interrogatoire de la police d'Etat sur les détectives. Nous comprenons donc que quelque chose a mal tourné, tenant le spectateur en haleine.
Grâce à cette très habile mise en abîme, le récit jongle entre deux époques, mêlant suspense et confusion. Il y a une certaine gêne dans les propos des deux hommes, des difficultés à parler des éléments de l'enquête, ainsi que de leur vie privée, étroitement liée à celle-ci. On peut donc constater un certain désir d'oublier le passé, chez l'un comme chez l'autre.

D'un point de vue esthétique, True Detective frôle de nouveau la perfection. Les paysages de la Louisiane profonde sont magnifiques, les acteurs sont subtilement cadrés... et outre un Matthew McConaughey qui ferait un parfait cowboy, la réalisation et l'ambiance évoquent la saveur d'un western.
Et que dire de ce plan-séquence d'anthologie à la fin du quatrième épisode... Jamais un plan-séquence ne m'avait autant marqué, même au cinéma. Il est d'une prouesse folle, tant dans la réalisation que dans le jeu d'acteurs.
Pour terminer, j'aimerais citer le nom de Adam Arkapaw, le directeur de la photographie. Je l'avais déjà remarqué en 2010 avec Animal Kingdom de David Michôd, et il faut dire qu'il a encore une fois frappé très fort, car le travail qu'il a réalisé est vraiment remarquable, tous les plans sont parfaitement éclairés.

Un casting au sommet, un scénario bouleversant, une réalisation impeccable... la première saison de True Detective est transcendante, même si elle comporte quelques longueurs.
Pour ce qui est de la deuxième saison, ce sera une nouvelle histoire, un nouveau casting, et un trio de détectives. Des rumeurs couraient comme quoi Brad Pitt serait de l'aventure, avant que ce dernier ne démente (snif). Aujourd'hui on parle de Joaquin Phoenix, Josh Brolin et Christian Bale comme des candidats potentiels, mais je ne m'avancerai pas dans des spéculations.
En tout cas, si vous avez suivi cette saison, restez à l'affût des révélations du casting ! Si vous ne l'avez pas vue, par contre, vous n'avez plus d'excuse.



Allous

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