Ultraviolence - Lana Del Rey (Pop)

Quand j'ai découvert Born to Die, j'étais loin de savoir qui était Lana Del Rey. Encore plus loin de penser écouter une artiste du Top 50. J'ai été de suite emballé par un mélange entendu nulle part ailleurs : une voix blues sur des rythmes percutants, notamment grâce à des basses bien présentes. 
Ce n'est que plus tard que j'ai entrevu le potentiel commercial investi dans cette chanteuse, vraisemblablement fabriquée par des cols blancs pour faire le buzz. L'image est soignée, forçant le trait rétro, du look de pin-up de la chanteuse jusqu'aux textes relayant l'image d’Épinal des États-Unis qui n'est pas sans rappeler le David Lynch de Lost Highway, Sailor et Lula ou Mullholand Drive.
Même si les instrumentations retiennent l'oreille, il est vrai que le corps des morceaux manque d'innovation, ce qui fait que l'album Born to Die supporte mal les réécoutes. Certains morceaux trahissent l'ambition FM de la chanteuse (Summertime Sadness et son refrain tiennent plus de Lady Gaga que d'une Norah Jones). Ainsi, même si l'album est avant tout très accessible et montre vite ses limites, je ne peux m'empêcher d'écouter l'album de temps en temps car il possède un charme indéniable et singulier. Sans compter des refrains entêtants.

C'est par un afflux de publicité auquel j'aurai eu du mal à échapper que j'ai appris la sortie d'Ultraviolence, son nouvel album. Loin d'être la machine à tubes attendu, le nouvel album de Lana Del Rey étonne par la différence de traitement comparé à Born to Die. Les titres sont moins entraînants mais plus lents et mélancoliques. Il vous faudra écouter le radio edit de West Coast pour trouver un son pop aguicheur dans la veine du précédent album. En comparant avec l'album version, on comprend tout du changement de style opéré. L'étonnement et la frustration passés, je me suis laissé allé à l'écoute de ces ballades langoureuses dont certaines ont ce qu'il faut pour retenir l'oreille. 
L'influence rock de Dan Auerback des Black Keys se ressent finalement assez peu mis à part par la présence de sons de guitare électrique sur quelques morceaux, notamment sur Shades of Cool. Les instrumentations sont plutôt discrètes laissant avant tout la place à la voix de Lana Del Rey. Cette voix caméléon, à la fois enfant et femme fatale, ne tient pourtant pas toutes ses promesses. Je regrette que la chanteuse se complaise dans une voix nonchalante, parfois monocorde et nasillarde, accompagnée d'effet de réverb'. On frôle l'excès sur certains passages. 

Lana Del Rey signe un album moins accessible et plus mature musicalement que Born to Die. Sans être un album très abouti, Ultraviolence recèle de bons moments.

Valou

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