Ex Machina (Alex Garland)
Ceux
qui ont aimé Her pour son empoignement du
thème de l'intelligence artificielle devaient se tourner vers le
nouveau film-d'anticipation-avec-une-femme-faite-de-circuits, à savoir Ex
Machina. En effet, dans ce dernier, le thème de l'intelligence
artificielle, véritable nerf du film, est traité avec profondeur, le
film soulevant beaucoup de questions intéressantes. En faisant de la
définition de la condition humaine un enjeu important – en plus
d'une scène de miroir au contenu explicite - le film d'Alex Garland
fait d'ailleurs beaucoup penser à Under the Skin. Le propos est donc riche et même assez vertigineux, même si
certaines scènes ont de la peine à dépasser leur postulat d'argumentaire philosophique.
Ex
Machina propose également une réactualisation pertinente du "savant fou", en imaginant ce que pourrait arriver à nos informations personnelles numériques dans les mains de mauvaises personnes. Le personnage est magistralement incarné
par Oscar Isaac qui ne laisse jamais son personnage être percé
à jour. Jamais totalement menaçant, il sait rester sur
la brèche, aidé par son charisme animal. Déjà impressionnant dans
A Most Violent Year, cet acteur à la présence comparable à
Al Pacino nous laisse espérer le meilleur pour Star Wars VII...
Car oui, en regardant un film où évoluent Domhnal Gleeson et Oscar Isaac, le
spectre annonciateur de Star Wars VII finit par se dessiner
inexorablement et donne une bonne raison de jeter un œil à cette SF
intimiste.
Quant à l'acteur roux - lui qui jouait un androïde dans Black Mirror, il se rend immédiatement sympathique en insufflant, à travers son visage très expressif, un air malhabile et peu assuré à son personnage. Dans le rôle d'Ava (réalisée grâce à de superbes effets-spéciaux), la belle Alicia Vikander semble se débattre entre expressivité et retenue, donnant lieu à une performance difficile à cerner.
Pour son premier film en tant que réalisateur, Alex
Garland réussit son coup en faisant
preuve d'une mise en scène soignée, incarnée, sobre qui distille à quelques reprises des plans esthétiquement splendides. De
souffle et de tension, le film n'en manque pas, malgré une narration quelque peu redondante La musique co-signée par un des membres fondateurs de Portishead en est sûrement pour quelque chose, avec ses nappes sonores omniprésentes et ses quelques poussées de sons anxiogènes.
Thriller quelque peu convenu, Ex Machina n'en est pas moins plaisant à suivre et passionnant dans le traitement de ses enjeux thématiques. De la SF intelligente et efficace à défaut d'être furieusement originale.
Valou



Excellent scénariste, il faudra désormais compter sur Garland comme réalisateur. Un premier film efficace dans sa montée en puissance. Et la direction artistique n'est pas en reste.
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