Le Week-end des Curiosités 2015 (Samedi soir) - Toulouse


Nous sommes samedi 30 mai et, en cette radieuse fin d'après-midi, une boule d'énergie aux faux airs de Samaha Sam lance des vannes au micro. C'est la chanteuse de The Roach, un groupe toulousain au style festif assez indéfinissable pour mes oreilles, entre rock, électro et hip-hop. Devant la petite scène, le public est peu fourni mais les applaudissements sont nourris pour ce groupe duquel émane une irrémédiable sympathie. Malheureusement c'est par la fin – de leur concert – que j'ai débuté mon Week-end des Curiosités. L'événement se tient aux alentours du Bikini, à Ramonville où la vue de péniches accostés et d'arbres derrière la scène apportent un petit charme bucolique à un endroit 100% bétonné.
A 18h30, le soleil encore vivace, Vandal Crew lance les hostilités avec une puissante drum & bass. Le public se rassemble peu à peu et l'ambiance commence très vite à chauffer grâce à la présence au micro de Multiplex MC. Aidé par sa voix rocailleuse, ce dernier met une ambiance de fou avec ses « touloooouse ! ». A la fin, tout le monde a été chauffé à blanc par le set, idéale rampe de lancement pour le reste de la soirée.
Vient le tour sur la grande scène de Superpoze. Pas encore remis d'Opening - son album sorti en avril, je palpite à l'idée de l'expérimenter en live. Le résultat dépasse mes espérances. Avec ses mélodies qui ont l'évidence de musiques classiques et ses arrangements éthérés, Superpoze nous amène à des altitudes inespérées. Le jeune artiste à l'allure gracile fait sonner ses compositions comme une house pénétrante sur laquelle interviennent, tels des leitmotivs, les accords de son dernier album. Avec Home is where I am, berceuse déchirante de mélancolie, le Caennais touche au magique et finit son set en apothéose, nous laissant complètement groggy et les yeux embués. J'ose à peine imaginer comment aurait été le concert de nuit, dans une ambiance plus propice à l'évasion. Soyez avertis, Superpoze est une bête de scène et, cet été, ses live vont tout casser !

Face à l’attente du concert d’Étienne de Crécy, celui de Joke ressemble à un de moyen de patienter. Pas pour tout le monde, visiblement : les fans ont fait le déplacement et contribuent à rendre le concert mémorable ; une partie du public backant énergiquement toutes les paroles et acclamant chaque nouveau titre. Contrairement aux paroles aux punchlines macho, les instru trap très efficaces mettent tout le monde d'accord, font hocher les têtes et bouger les corps.
En piste Étienne ! Accompagné d'Alex Gopher et de Julien Delfaud, l'ambassadeur moustachu de la french touch déroule un set impeccable, évoquant ses récents morceaux dans une ambiance survoltée. Le plaisir de la découverte de l'album se transpose en live, grâce à d'irrésistibles basses, très généreuses. Ce nectar musical prend fin avec le mix en instrumental de Sunset, le soleil étant maintenant couché sur le Week-end des curiosités. Et autant le dire, c'était que du plaisir !


Zhu est un de ces artistes qui chérissent l'anonymat. C'est caché derrière un fin écran qu'il balance sur les enceintes une deep-house aux accents dance, quand derrière lui se succèdent, sur un écran, des images d'archives ou des séquences animés délirantes. Le son est bon mais les précédents concerts m'ont refilé des rhumatismes : une pause s'impose.

A la place d'Andy C, nous voyons les DJ de Dirtyphonics apparaître sur la grande scène. Ils ne tardent à nous signaler le changement de programme. Entre dubstep, électro et drum & bass, le groupe délivre, en continu, un son ultra-massif. Les titres monstrueux s'enchaînent un à un et font de mes rhumatismes un lointain souvenir... Pour moi , le festival se finit en beauté car, le cerveau encore complètement déchiré par les sons de Dirtyphonics, je suis obligé de le quitter. Je regrette de rater le dernier concert, celui d'Andy C, mais je me réconforte en sachant que ce soir, je n'aurai pas manqué en musique électronique. Le retour à la réalité est troublant. Difficile de considérer que les moments de plaisir musical qui nous ont fait sentir vivant, qui ont fixé notre existence à un moment précis soient si puissants et si fugaces, si viscéraux et pourtant déjà des souvenirs... Maintenant, ce qui est redevenu concret, c'est mon corps endolori par les heures de musique. Nous sommes dimanche 31 mai; c'est l'esprit conquis et le corps cassé en deux que je met fin à ma soirée du Week-end des curiosités

Valou
Photos Gigsonlive

Commentaires

Articles les plus consultés